L’exploitation est à la mode : pourquoi faut-il bien choisir ses vêtements ?

Une économie gigantesque

La mode est une des plus grosses industries mondiales. En 2014, l’industrie des vêtements pesait 3 000 milliards de dollars, selon FashionUnited.

Elle est boostée par un secteur en croissance constante : la fast fashion, littéralement « mode rapide ». Mais comprenez plutôt « mode jetable » … En effet, ces nouveaux leaders de l’industrie vestimentaire (H&M, Zara & Co), conçoivent et produisent des vêtements à un rythme bien au-delà des traditionnelles deux saisons (automne/hiver et printemps/été).

En effet, une des caractéristiques de la fast fashion est l' »hypersaisonnalité« , qui explique la création de tendances brèves, incitant les consommateurs à acheter des pièces qui sont très vite désuètes … Et souvent abîmées ! Car l’autre versant de la fast fashion est aussi la qualité des vêtements produits, aussi faible que leur coût.

En bref, des vêtements de qualité médiocre produits en masse et à une cadence effrénée. Soit, mais quelles en sont les conséquences ?

C’est là que le bât blesse

Cette industrie est sûrement l’une des plus désastreuses. Elle a des impacts négatifs sur presque tous les domaines.

En terme d’environnement, elle est même réputée pour être la seconde industrie la plus polluante derrière le pétrole ! Mais, comme mentionné dans l’article, même si cette affirmation d’Eileen Fisher semble plausible, ce type d’analyse est très difficile à réaliser au vu de l’échelle et de la complexité de la chaîne de production.

Voici donc une infographie bien sourcée et précise résumant quelques-uns des impacts environnementaux :

Infographie sur l'impact environnemental de l'industrie de la mode par MyTwist

Infographie sur l’impact environnemental de l’industrie textile par MyTwist

Ces conséquences environnementales nuisent déjà fortement aux humains, notamment dans les pays producteurs. La qualité de vie y est fortement diminuée par tous les produits chimiques déversés directement dans les cours d’eau.

À cela s’ajoute l’impact social de la fast fashion. Pour rester compétitif grâce à des prix très bas, les ouvriers sont parfois payés en deçà du minimum vital. Ils sont à plus forte raison en-dessous du salaire minimum légal puisqu’environ la moitié des minimaux salariaux de cette industrie sont inférieurs à ce que l’on considère comme un salaire décent. Et pour ces salaires de misère, 5,6 ouvriers se blessent au travail chaque année … Vous retrouverez ces chiffres et bien d’autres dans l’édifiante étude du Global Fashion Agenda et du Boston Consulting Group, Pulse of the Fashion Industry 2017.

Si vous souhaitez mieux connaître le drôle de monde de la mode …

Pour une vision plus globale et concrète de tous ces aspects, je vous invite à visionner The True Cost, un documentaire glaçant sur l’industrie textile. Le titre – « Le Vrai Prix » – souligne très justement cette notion de « coût réel » des produits, payé par l’ensemble de la société, inhérente au développement durable.

The True Cost, le documentaire à voir pour comprendre l'industrie de la mode

Le documentaire à voir pour comprendre l’industrie textile

Il y a également deux excellents Cash Investigation sur le sujet : Toxic fringues et Coton : L’envers de nos tee-shirts. Et si vous n’avez pas le temps de regarder un reportage de fond, ce petit sujet réalisé par France 24 dépeint plus rapidement, mais tout aussi justement, la situation.

Derrière un prix abordable, les vêtements fast fashion cachent un coût humain inavouable. Heureusement, on peut aussi (mieux) s’habiller autrement.

Les solutions : une autre approche de la mode

Parallèlement aux géants de la mode et de leurs atteintes au respect de l’Humain, existent aussi des marques éthiques. Les marques de vêtements éthiques se revendiquent souvent du courant « slow fashion« , en opposition avec la « fast ».  Leur approche est de produire des vêtements sans engendrer l’avalanche d’effets pervers mentionnée plus haut.

Comment font-ils ?

  • Attention portée aux sous-traitants, de la matière première aux manufactures.

C’est l’élément numéro 1 pour qu’une marque soit considérée « responsable » ou « éthique ». Il faut avant toute chose qu’elle s’informe sur sa chaîne de production et qu’elle la rende la moins nocive possible. Qu’elle connaisse ses impacts, et qu’elle les minimise.

Pour cela, elle peut « internaliser » sa production pour qu’elle réponde aux exigences environnementales et sociales bien supérieures des pays occidentaux. Elle peut aussi collaborer avec des pays en développement, souvent localisés en Asie (Bangladesh, Chine, etc) et se fier à certains labels de commerce équitable.

  • « Hyposaisonnalité »

C’est un choix que certaines marques responsables font. À l’inverse de la fast fashion, leur démarche sera de réduire le nombre de collections. Pour cela, les vêtements doivent être « intemporels » et ne pas suivre des effets de mode éphémères.

Ainsi, elles incitent moins à la surconsommation de vêtements et réduisent leurs impacts négatifs.

  • Tenue du vêtement

Ce critère va souvent de pair avec le précédent. Pour ralentir les achats excessifs de textile, autant qu’il dure longtemps.

Une marque de vêtements véritablement responsable se doit donc de porter un soin particulier dans la qualité de ses produits pour en garantir la longévité.

Où les trouver ?

Il y a de plus en plus de marques de vêtements responsables ! Il y en a pour tous les goûts et elles sont facilement accessibles grâce à internet.

Vous en trouverez une sélection sur notre boutique. Mais si vous n’y trouvez pas votre bonheur, vous le trouverez forcément quelque part dans l’écosystème de la slow fashion, décrypté au travers de nos articles.

Attention, toutes les marques éthiques ne se valent pas ! Il y a différents niveaux d’implication dans la maîtrise de leurs impacts … À vous de vous renseigner sur ce qui se cache derrière chacune d’elle (grâce à nos articles, par exemple).

Et vous ? Aviez-vous déjà intégrer les dimensions sociales et environnementales dans vos achats de vêtements ? Quelles sont vos marques éthiques préférées ?

DLE

Dédé L'Élégant

Passionné de développement durable et d'entrepreneuriat depuis plusieurs années, je suis en recherche permanente de solutions pour mieux consommer et mieux produire. Et je vous les partage ici.

1 réponse

  1. 13 février 2018

    […] la base de chaque catégorie de solutions se trouve toujours la compréhension des enjeux :  de l’industrie textile, de la téléphonie mobile ou de […]

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